Premier film de Kubrick, renié par celui-ci. Il n’empêche que c’est un film de guerre à l’approche intéressante, on note déjà la voix narrative dès le début du film, les questionnements des quatre soldats du film plus le général ennemi. Le film attire la curiosité jusqu’à la rencontre avec la fille. A partir de là, la séquence entre elle prisonnière et le plus jeune soldat est un peu gachée par le surjeu du jeune soldat. Après cette séquence, le rythme ralentit un peu trop par tous les états d’âmes des soldats. Heureusement un peu d’action rythment la fin du film. Pour un premier essai c’est déjà bien, la scène d’attaque des soldats ennemis dans la maison lors de leur repas est plutôt réussite. Et le scénario tient la route.
« Fort de son expérience de plusieurs années comme photographe pour Look, Stanley Kubrick rassemble une petite somme d’argent auprès de son père et de son oncle pour réaliser, à 24 ans, son premier film, avec une équipe technique réduite et cinq comédiens. Sur un scénario commandé à son ami de lycée de Howard Sackler (futur prix Pullitzer pour sa pièce The Great White Hope), il toune en Californie sa première évocation de guerre, variation sur la peur, le doute, la mort : ses thèmes de prédilection. Dans un pays mental, comme l’indique la voix off, quatre soldats se retrouvent à l’intérieur des lignes ennemies après la chute de leur avion, font prisonnière une jeune fille qu’ils attachent à un arbre avant de l’exécuter, et s’attaquent à l’adversaire. En tuant, leurs ennemis, ils se rendent compte qu’ils ont leur propre visage. Ce drame allégorique, pèche, de l’aveu même de Kubrick par la prétention de son dialogue poétique. Le réalisateur, insatisfait, retirera plus tard toutes les copies en circulation. Peu vu, cet essai juvénile vaut par son sujet qui annonce Full Metal Jacket. »
T Michel Ciment, Le guide du cinéma chez soi, Télérama.
« C’est le premier film de long métrage de Stanley Kubrick. Il est à la fois le producteur, le metteur en scène, le chef opérateur et le monteur du film, sans oublier son travail sur le scénario. Pour Kubrick, le film est une allégorie, « le drame d’un homme perdu dans un monde hostile, un monde sans règles spirituelles, dans lequel il va chercher son chemin pour se comprendre lui-même et la vie qui l’entoure ». Volontairement, il choisit de placer ce film de guerre dans une guerre abstraite et de faire jouer deux rôles à certains de ses acteurs. »
Patrick Brion, Cinéma de minuit 40 ans, Editions Télémaque.